De l’électricité à partir des résidus de raisins
Comment recycler les résidus de marc de champagne abondant dans la région de Reims ? La distillerie Jean Goyard, à Ay, à trouvé la solution. Elle est l’une des quatre distilleries françaises à avoir été choisie par le ministère de l’industrie pour approvisionner en résidus une centrale de production électrique, soit quelque 50 000 tonnes par an qui seront gazéifiées à haute température.
Le procédé n’est pas si compliqué. Ces résidus sont pré séchés jusqu'à l’obtention d’une teneur en 20% en humidité et sont ensuite transférés dans un réacteur, porté à 1 200°C. Le gaz obtenue est nettoyé par un procédé physique (cyclonage) puis chimique afin d’enlever poussières, goudrons, ammoniaque… Le gaz ainsi purifié sera capable de faire tourner les moteurs à gaz de la centrale, qui entraîneront les alternateurs qui fabriqueront l’électricité. Celle-ci sera vendue au réseau EDF à un tarif convenu avec l’Etat par l’exploitant de la centrale électrique : EBV (Energie Biomasse Viticole). Autre astuce : l’eau qui servira à refroidir les moteurs sera réchauffée par les gaz d’échappement. Elle dégagera de la vapeur d’eau directement utilisée par la distillerie, ou qui ira alimenter la turbine vapeur de la centrae pour un complément d’électricité.
Une réduction de la facture de gaz
Tout est prévu pour l’approvisionnement de cette mini centrale électrique. « Quand la récolté de raisins est plus faible, ou bien lors des périodes où le stock des résidus est épuisé (d’août à novembre) l’appoint sera fait avec des déchets de scieries », explique Gregory Crouvizier, responsable d’exploitation de la distillerie Jean Goyard. L’avantage pour celle-ci est double. « Réduire la facture de gaz est déjà un objectif satisfaisant en soi. Ensuite, le procédé permet de traiter les déchets de raisin avec une solution pérenne », poursuis Crouvizier. En contrepartie, l’entreprise s’engage à être fournisseur exclusif de marc de champagne, ainsi qu’a 3 autres distilleries dans le Bordelais et le lubéron.
L’investissement prévu pour la construction de cette centrale est de 25 millions d’euros, pris en charge notamment par EDF énergie nouvelle. Le feu vert du projet a été donné en janvier par le ministère. Cette centrale électrique devrait être opérationnelle en 2008.
Enjeux : L’utilisation de 50 000 à 60 000 tonnes de résidus de raisin par an.
Une capacité de 12,5 mégawatts soit l’équivalent de la fourniture nécessaire à 12500 personnes pendant un an.
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